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Quand un Concile se décide à s'occuper..

... de Liturgie ! Par le Père Bertrand ESTIENNE

Le 4 décembre 1963, le Pape Paul VI promulguait le premier document voté par les évêques réunis en concile au Vatican. Ce texte était entièrement consacré à la liturgie. Pour fêter les quarante ans de cette constitution appelée « Sacrosanctum Concilium », notre archevêque, Mgr François Garnier, a donné une conférence dans quatre villes de notre diocèse. En cette occasion, suite aux deux témoignages donnés par le Père Lallemand et le Père Merville, nous proposons aux amis internautes deux articles de présentation de ce texte de référence.
  
 

Quand on parle du second concile du Vatican, on évoque volontiers ses préoccupations pastorales. Le pape Jean XXIII, par exemple, le précisait déjà dans son discours d’ouverture du Concile : Pour lui, le but du concile n’est pas de discuter des fondements de la foi de l’Église, mais d’aider chacun à adhérer à la doctrine chrétienne dans un amour renouvelé, dans la paix et la sérénité. Il s’agit donc d’aider les croyants à se laisser imprégner et transformer par cette doctrine (cf. discours d’ouverture du concile de Vatican II du 11 octobre 1962).

 

Le souci pastoral est donc très présent dans l’esprit des pères conciliaires. Or, ce qui étonne parfois, c’est que ces derniers aient choisi de commencer leurs travaux par un document sur la liturgie. La liturgie aurait donc quelque chose à voir avec la pastorale ! Voilà peut-être le principal apport de « Sacrosanctum Concilium » : nous aider à voir la liturgie comme un élément moteur de la vie pastorale.

 

Mais, en quoi peut-on dire que la liturgie revêt une dimension pastorale ? Deux réponses peuvent être repérées dans de texte même de la constitution « Sacrosanctum Concilium » :

 

 

1ère REPONSE

Le Salut de Dieu est communiqué dans la Liturgie

 

 

Beaucoup ne voient dans la liturgie qu’un ensemble de paroles et de gestes plus ou moins creux et vides. Or, il faut comprendre que la liturgie est une véritable action qui communique la Vie, l’Amour, la Paix, le Pardon de Dieu. Elle est l’œuvre du salut qui s’accomplit. Elle est même oeuvre concrète du Christ. C’est ainsi, affirme le Concile citant St Augustin, que « lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ lui-même qui baptise » ; ou encore c’est le Christ « qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures ». Si l’on considère que la pastorale, c’est permettre à chacun d’être intimement et profondément relié au Christ, il est clair, alors, que la liturgie est éminemment pastorale.

 

Par ailleurs, le concile souligne que c’est à l’Église qu’il revient de célébrer la liturgie pour permettre à l’œuvre de salut du Christ d’être continuée en tout lieu et en toute époque. Célébrer la liturgie est donc, pour l’Église une mission pastorale première : C’est rendre possible l’action du Christ en faveur de l’homme par l’intermédiaire de signes sensibles et concrets (les rites). Bien entendu, la liturgie n’est pas l’unique tâche pastorale de l’Église : elle doit nécessairement être précédée par cette autre tâche pastorale qu’est l’annonce de l’Évangile qui donne à tout homme de connaître la Bonne Nouvelle du salut; d’autre part, la liturgie doit engager les chrétiens à exercer la charité dans la vie quotidienne afin que ce qui est vécu soit en harmonie avec ce qui est célébré.

 

 

2ème REPONSE :

La Liturgie donne le sens des choses

 
S’il est aujourd’hui un devoir pastoral de l’Église, c’est bien celui d’éclairer les hommes sur le sens de la vie humaine. C’est, en effet, un lieu commun de dire que le monde contemporain éprouve des difficultés à trouver le sens des choses.

        

Or, la liturgie déploie une multitude de gestes rituels, non pas pour « occuper le temps » mais pour aider les croyants rassemblés à découvrir le sens de leur vie. Ils réalisent alors que la vie terrestre et les activités humaines ne portent pas en elles-mêmes leur propre fin. Elles n’ont de raison d’être que dans la mesure où elles orientent l’homme vers l’invisible, le divin, la contemplation et la recherche de la « cité future » (He 13,14). C’est pourquoi, les rites de la liturgie utilisent des signes sensibles (objets, gestes, attitudes...) qui aident le fidèle non seulement à découvrir, mais encore à désirer le sens ultime de sa vie. En employant ces signes concrets [cela présuppose, bien entendu, que les rites soient bien célébrés - et non baclés ou négligés dans leur mise en oeuvre - afin qu’à travers eux, la signification de la vie humaine soit bien perçue], la liturgie montre par là qu’elle ne méprise pas les réalités matérielles de notre monde terrestre puisqu’elles deviennent, dans les rites, les moyens par lesquels le cœur de l’homme s’ouvre au divin. Toutefois, par ces mêmes rites la liturgie signifie clairement que l’homme ne peut en rester à ces réalités de notre vie humaine, car il est appelé à bien plus c’est à dire à la communion avec Dieu.

        

Dans la liturgie, l’homme redécouvre que sa vie a un sens : Nous sommes faits pour Dieu. N’est ce pas du plus haut intérêt pastoral pour l’Église ?

 
 
Père Bertrand ESTIENNE

Service diocésain de pastorale liturgique et sacramentaire

Article publié par Yannick Lemaire • Publié Mercredi 24 octobre 2007 • 2438 visites

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