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Homélie pour les Mezzo Ancolies

Homélie de Mgr BOUILLERET pour le rassemblement des Mezzo Ancolies du Nord de la France les 16 et 17 octobre 2010

Frères et sœurs, chers amis, chers choristes,

Mgr Jean-Luc Bouilleret Mgr Jean-Luc Bouilleret   Qui sommes-nous, ce matin en cette cathédrale d’Amiens pour venir célébrer le Seigneur Jésus-Christ ? Nous arrivons des quatre coins du nord de notre pays, des diocèses dont nous cultivons la proximité. Nous nous retrouvons pour chanter la louange de Dieu. Nous nous tenons en sa présence pour lui rendre toute gloire. Nous ne sommes pas des anges … et pourtant nous aimons chanter. Les anges chantent sans cesse la gloire de Dieu et la vie des hommes.

Rappelez-vous après la naissance de Jésus lorsque l’annonce est faite aux bergers, l’évangéliste Luc nous dit que « Tout à coup, il y eut avec l’ange l’armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour les hommes, ses bien-aimés. » Tout est dit : louange liturgique et annonce de la Bonne Nouvelle. Tel est le message de la parole de Dieu pour le choriste : louer Dieu, bien le louer et annoncer la Bonne Nouvelle par le chant. C’est une bonne nouvelle puisqu’il le chant est toujours nouveau. Il est unique, il est œuvre d’art, il touche les cœurs et les esprits, il nécessite qu’il soit bon et juste. « Il est juste et bon de te louer, Père très saint… » C’est le début de la prière eucharistique par la préface, le cœur de la célébration de la messe.

Si vous me permettez de poursuivre la métaphore angélique, les anges sont les messagers de Dieu chez les hommes. Ils viennent de Dieu et leur fonction est celle d’être messagers. C’est pourquoi, ils font le lien entre le ciel et la terre. Ils font la navette entre les cieux et l’univers des hommes.

Le chant ne nous fait pas devenir des anges mais il nous rend messagers de cette Bonne Nouvelle : Dieu est venu chez les hommes et il a fait alliance avec eux. Le chant nous hisse, nous hausse, nous porte jusqu’au cœur de Dieu en réjouissant le cœur des hommes.

Dès la première alliance, le culte rendu à Dieu est toujours habité, habillé, revêtu par le chant. La parure liturgique, c’est le chant. Les vêtements des célébrations liturgiques, ce sont les chants. Aucun culte authentique n’est rendu à Dieu si le chant n’élève les âmes, les esprits, toute la personne vers Dieu.

Je voudrais entendre avec vous la petite musique de la Parole de Dieu que nous avons entendue aujourd’hui. Elle est petite, cette musique non pas par infériorité mais parce qu’elle se fait humble dans le cœur de chacun sans s’imposer.

Quel courage chez cette femme qui ne cesse d’importuner un juge inique. Par cette parabole, Jésus nous invite à la persévérance. Dans toute action, il faut savoir persévérer. Jésus invite ses disciples à toujours prier sans se décourager. Nous avons bien entendu, toujours prier, avec courage. Je vais oser dire : « Il faut toujours chanter sans se décourager. » Si bien chanter est prier deux fois, alors, allons-y ! Chantons toujours sans nous décourager même si le chef de chœur n’est pas toujours satisfait. Lui aussi a le courage de dire que cela peut être mieux. Alors courage ! Il en a fallu pour prendre un week-end pour venir à Amiens !

La femme de la parabole peut-être considérée comme « une casse pied… » Jésus n’y trouve rien à redire… Il loue sa persévérance. De la persévérance, il en faut beaucoup pour toute grande activité humaine, les grandes œuvres se façonnent dans la persévérance. Le talent ne suffit pas. Le talent se cultive et nécessite beaucoup de travail pour le mettre en valeur.

Jésus ajoute dans l’Evangile que Dieu fait justice à ceux qui crient vers lui jour et nuit. La persévérance est possible parce qu’elle s’enracine dans l’espérance. Si Dieu est notre espérance, alors nous pouvons persévérer dans l’œuvre qu’il nous demande d’accomplir. Je ne pense pas que vous avez chanté toute la nuit mais de nombreuses heures depuis que vous êtes arrivés au cœur de la Picardie. Votre prière a été entendue par Dieu.

La dernière phrase de l’Evangile d’aujourd’hui, me fait froid dans le dos : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Elle n’est pas une parole de désespoir mais une invitation à proclamer sans cesse la Bonne Nouvelle, à temps et à contre-temps. Dieu s’est confié aux hommes pour que sa Bonne Nouvelle traverse toute la terre. Alors que toutes nos paroles, proclamées ou chantées soient Bonne Nouvelle et invitation à la rencontre de Dieu. Puisse notre vie être toujours quête de Dieu ! C’est la tradition monastique si ancrée dans le chant liturgique : « Je te cherche, mon Dieu. »

C’est la parole de Paul à son disciple Timothée : « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contre-temps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d’instruire. » La patience et le souci d’instruire, belles qualités du chef de chœur.

Ah ! Le chef de chœur. Nous voilà conviés par la première lecture. Je vois bien Moïse comme chef de chœur. Il tient la main levée et quand la fatigue arrive, baissant la main, rien ne va plus. Alors, il reçoit deux aides pour le soutenir dans sa mission de mener le peuple à bon port. « Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil… » Avec les Lucernaires d’hier soir, nous sommes allés au-delà du coucher du soleil !

Comme nous ne sommes pas des anges, je ne vais pas être plus long. S’il ne faut retenir qu’un message de l’événement que nous vivons : chanter pour la gloire de Dieu en proclamant la Bonne Nouvelle de l’amour qui transforme le cœur des hommes.

 

+ Jean-Luc BOUILLERET
Evêque d’Amiens

Article publié par Yannick Lemaire • Publié Mercredi 27 octobre 2010 • 2143 visites

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