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L'Autel

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L’autel n’est pas un meuble comme un autre. Il est, au contraire, le point central de l’église vers lequel « convergera spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles » (Présentation Générale du Missel Romain PGMR n°262). C’est pourquoi il doit attirer l’œil par sa beauté, ce qui explique pourquoi il doit être construit en une matière noble, solide et bien travaillée. En raison de la dignité de l’autel, ce dernier sera recouvert d’une nappe, garni de chandeliers (placés sur l’autel même ou aux alentours immédiats) et d’une croix (posée sur l’autel ou à proximité). Ces trois objets – nappe, chandeliers et croix – précisent par leur seule présence la triple fonction de l’autel (PGMR n°259,268,269,270) :

           

La nappe rappelle que la Messe est un repas auquel le Peuple de Dieu est invité à participer pour recevoir le Pain de Vie et la Coupe du Salut. Afin de bien souligner l’aspect divin de cette nourriture sainte, l’autel doit être dégagé au maximum de tout objet autre que le calice et la patène.

           

Les lumières donnent ce caractère festif qui signifie que l’autel est le lieu d’où monte l’action de grâce du Christ et de l’Eglise. Voilà pourquoi, ce n’est qu’au moment de la Prière d’Action de Grâce (Prière Eucharistique) que le prêtre se rend à l’autel. Aux autres moments de la liturgie, il conduit la célébration de son siège (lieu de présidence). En tout état de cause, l’erreur serait de faire de l’autel un lieu d’où le prêtre parle à l’assemblée, alors qu’il est le lieu d’où l’Eglise, par le Christ, fait monter l’action de grâce vers le Père.

           

La croix indique que l’autel est le lieu où le sacrifice du Christ sur la croix est rendu présent sous les signes sacramentels. Certains sont parfois gênés d’utiliser le mot sacrifice pour parler de la Messe ; pourtant l’Eucharistie est bien ce moment où l’Eglise s’associe au sacrifice du Christ, étant entendu que le « sacrifice » n’est pas un ensemble d’efforts désagréables accomplis pour faire plaisir à un Dieu plus ou moins sadique. Le sacrifice est plutôt l’ouverture du cœur à l’amour et à l’action de Dieu, ouverture qui ne se fait pas sans une certaine souffrance, voire même une souffrance certaine. La Messe est donc ce lieu où le croyant apprend à rendre son cœur pleinement disponible au Père. En effet, dans l’Eucharistie, il peut s’unir au sacrifice du Christ c’est-à-dire au geste du Christ qui a voulu, jusqu’à la croix, demeurer fidèle et ouvert à l’attitude de pardon qui constituait le cœur de sa mission reçue du Père.

 

           

Pour conclure, il ne sera pas inutile de redire que l’usage de l’autel n’a de sens qu’au moment de la célébration de l’Eucharistie. Pour toute autre célébration, l’autel n’a pas à être « utilisé », à quelques exceptions près ; mais ces exceptions concernent trois actions liturgiques liées à l’Eucharistie :

 

-         L’exposition du Saint Sacrement se fait, tout naturellement, sur l’autel ;

 

-          lors de la célébration du baptême, la prière du « Notre Père » se fait autel de l’autel car c’est la communion eucharistique auquel le nouveau baptisé sera un jour convié qui est évoquée à ce moment ;

 

-         quant à l’encensement de l’autel au cours de l’office du matin ou du soir, il est accompli au moment où l’assemblée fait monter vers le Père le grand cantique d’action de grâce du « Benedictus » ou du « Magnificat » dont la portée « eucharistique » est évidente.

 

 

Père Bertrand Estienne

Service diocésain Liturgie et Sacrements

Article publié par Yannick Lemaire • Publié Mercredi 24 octobre 2007 • 2018 visites

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