L'anamnèse une profession de Foi

Nous connaissons bien le chant de l’anamnèse par lequel l’assemblée acclame le Christ au cœur de la prière eucharistique. La nouvelle traduction en présente quatre formulations. La première, la deuxième et la quatrième figuraient déjà dans le missel en langue française. La troisième proposition avait été « oubliée » par les traducteurs. Elle retrouve sa place dans la nouvelle traduction.

Il n’est pas vraiment utile d’utiliser d’autres anamnèses dont les paroles sont d’ailleurs parfois modifiées arbitrairement par les compositeurs, on ne sait pourquoi. Mieux vaut s’en tenir aux quatre propositions du missel. En effet, l’anamnèse n’est pas un chant comme un autre, mais une proclamation de foi de toute l’assemblée, qui entre en résonnance avec la profession de foi déjà exprimée par tous à la fin de la liturgie de la parole (Credo de Nicée-Constantinople).

Examinons en détail le sens de l’anamnèse. Ce mot vient du grec ana (« vers le haut ») et mnésis (« action de se souvenir »). Mais en liturgie, l’anamnèse ne correspond pas seulement à l’idée de se souvenir d’un fait passé. C’est un acte de foi par lequel on reconnait qu’un fait passé est aujourd’hui actuel et présent à nos vies. Dans la prière eucharistique, l’anamnèse est chantée après le récit de l’institution : le prêtre redit les paroles prononcées par le Christ à son dernier repas et conclut, comme Jésus l’a fait le jeudi saint : « vous ferez cela en mémoire (« ana-mnèsin ») de moi. Le prêtre, alors, invite l’assemblée à faire « anamnèse », c’est-à-dire à reconnaître que non seulement nous nous souvenons que Jésus a donné sa vie lors de sa passion, mais encore à proclamer haut et fort que ce que Jésus a fait et vécu dans sa mort et sa résurrection, il l’accomplit encore aujourd’hui sous nos yeux. De fait, le pain et le vin déposés sur l’autel sont devenus le corps et de sang du Christ donné et versé pour nous.

Voilà pourquoi, l’anamnèse comporte deux temps :

1°) le prêtre demande à l’assemblée de proclamer sa foi au Christ mort et ressuscité pour nous et présent au milieu de nous sous la forme du pain et du vin consacré. Il emploie alors une formule brève : « Il est grand le mystère de la foi » ou « Acclamons le mystère de la foi » ou  « Qu’il soit loué le mystère de la foi » ou encore « Proclamons le mystère de la foi ». Ici le mot « mystère » n’évoque pas quelque chose d’impossible à croire, mais il désigne Jésus lui-même qui, en donnant sa vie sur la croix et en se rendant présent sur l’autel, se présente comme un Dieu dont l’attitude d’amour est tout simplement incroyable, inattendue, incompréhensible : Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? voilà le vrai et le grand « mystère de la foi ».

2°) L’assemblée répond à l’invitation du prêtre, non pas en répondant au prêtre, mais en s’adressant au Christ lui-même. Car le Seigneur est là, réellement présent comme sauveur au milieu de nous et il s’agit alors de lui dire « Tu » et non pas de parler de lui à la troisième personne du singulier comme s’il était absent. Nous comprenons alors pourquoi, il est essentiel, lors du chant d’anamnèse que l’ensemble de l’assemblée – y compris les choristes et le chantre – soit tourné vers l’autel, là où le Christ est présent sous les espèces du pain et du vin.

 

VOICI LES QUATRE ACCLAMATIONS D’ANAMNESE DE LA NOUVELLE TRADUCTION

 

I.  Prêtre : Il est grand le mystère de la foi

Tous : Nous annonçons ta mort,

Seigneur Jésus,

nous proclamons ta résurrection,

nous attendons ta venue

dans la gloire.

 

II. Prêtre : Acclamons le mystère de la foi

Tous : Quand nous mangeons ce Pain

et buvons à cette Coupe,

nous annonçons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes.

 

III. Prêtre : Qu’il soit loué, le mystère de la foi

Tous : Sauveur du monde, sauve-nous !

Par ta croix et ta résurrection,

tu nous as libérés.

 

IV. Prêtre : Proclamons le mystère de la foi.

Tous : Gloire à toi qui étais mort,

Gloire à toi qui es vivant,

Notre sauveur et notre Dieu :

Viens, Seigneur Jésus.

Article publié par Liturgie Service • Publié le Mercredi 20 octobre 2021 • 372 visites

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