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Témoignage d'un coupleSur le Liturgie des Heures
Liturgie des heures et vie professionnelle Cette découverte a également fécondé ma vie professionnelle. La liturgie des heures m'aide à travailler, elle 'apprend à travailler, elle m'apprend comment travailler. Je suis juriste, responsable d'une équipe qui prend en charge les situations de maltraitance et notamment celles relatives à la pédophilie. J'aimerais parvenir à vous exprimer combien, dans des situations souvent angoissantes, parfois menaçantes, toujours délicates, oui combien cette prière me donne la force et la sérénité. Pas pour mon confort personnel, bien sûr, ou pour me protéger de l'effet traumatique, mais pour que l'action soit efficace et féconde. Au fil du temps, je devine que cette prière me protège et m'envoie, m'aide à lutter contre la peur, le découragement et la haine. « Je vois dans la ville discorde et violence » mais, Seigneur, « j'ai vu aussi ta force et ta gloire ». Alors, devant quatre lycéennes violées et assassinées, une nuit de carnaval, je me souviens que tu ne peux les abandonner à la mort. Face à l'éducateur qui a abusé de la confiance d'un enfant, tu me dis qu'aucune parole mauvaise ne doit sortir de ma bouche, et que dans toute situation il y a quelque chose à construire. Toujours, je garde en mémoire qu'avant tout tu protèges les petits, tes préférés. Le soir, à la maison, je veux prier pour ces enfants, pour mes collègues, et j'ouvre le livre, mais toi, aujourd'hui, tu me demandes de prier pour les prisonniers, les agresseurs. Bien sûr, tout n'est pas aussi simple et trop souvent je me dérobe aux exigences de cet amour solaire. Mais je sais aussi que la Parole ne revient pas à Dieu sans résultat. La liturgie des heures est une éducatrice patiente. Elle a commencé à me former et elle continuera dans la mesure où je prendrai le temps de contempler l'oeuvre de Dieu et de l'en remercier. En conclusion, cette prière est bienfaisante et moderne. Elle se vit dans l'égalité. Particulièrement adaptée aux conditions de collaboration entre prêtres et laïcs, elle me semble également riche en promesses pour la prière oecuménique. Anne Je prolongerai ce qu'Anne a dit en abordant deux autres aspects du thème : la prière des heures comme prière de baptisé et de laïc. « Je me souviens des jours d'autrefois »(Ps. 142, 5) ou la prière d'un baptisé. J'ai été baptisé quelques mois après ma naissance, il y a bientôt 42 ans. J'ai découvert la liturgie des heures il y a à peine dix ans. Entre ces deux événements, je n'ai pas toujours prié, loin de là. De l'enfance, j'ai gardé le souvenir du dimanche de ma communion solennelle (à moins que ce fut celle de ma sSur) dont la fin d'après-midi fut « gâchée » (du moins c'est ainsi que je l'ai perçu à l'époque) par l'obligation d'aller aux vêpres. Ce fut la seule fois. J'ai abordé le rivage de la prière des heures comme recommençant. Grâce à un apprivoisement, j'ai alors trouvé mes racines dans cette liturgie structurée et patiente, structurante et puissante. Tout ne va pas toujours de soi, bien sûr. Elle continue à me provoquer, chaque jour elle dérange mon organisation « spontanée » du temps. Elle me dit : « passe par moi ». Elle résiste à devenir une habitude. La liturgie des heures m'enracine dans la foi ; elle a pointé son doigt vers mon baptême. Elle ne fut pas le seul Jean-Baptiste sur ma route ; mais elle ne fut pas le plus petit des prophètes, m'aidant à choisir à nouveau le Christ. Elle le fait encore. Par rapport à Celui qui m'a saisi, cette « liturgie des heures» me dit beaucoup de choses. Un regard seulement : .... Les psaumes m'offrent un vis-à-vis sans visage définitif. Même celui du Christ s'y cache ; je ne suis pas obligé de le saisir, de le voir partout ; mais je peux l'y chercher car il s'y trouve aussi. « Heureux est l'homme » (Ps 1, 1) ou la prière d'un laïc La liturgie des heures - c'est une de ses forces - ne me prend pas d'abord comme laïc, comme époux, comme professionnel ; elle ne fait pas de moi un moine ou un prêtre. Elle est, pour moi, une prière « non catégorielle ». Elle est un itinéraire où je cherche le Dieu qui me cherche. Jacques Maritain, parlant de sa conversion, disait qu'il avait été retourné comme un gant, toutes coutures dehors. J'aime, dans la liturgie des heures, qu'elle n'essaye pas de remettre les coutures à l'intérieur. Si elle me prend comme homme, elle m'atteint aussi dans mon choix de vie. Je suis séduit alors par sa capacité à organiser des détours, à provoquer des écarts. Je ne prendrai qu'un seul exemple. Comme magistrat, spécialisé en droit administratif, je résous des cas, le plus souvent techniques et parfois humains ; j'ordonne des questions pour les trancher ; je mets en oeuvre des théories. Ici, rien de tel. La prière des heures n'est pas pour moi un temps de relecture, un temps où je puise des forces, des motifs d'action précise. Cette liturgie a pour moi une force d'interpellation globale. Je me laisse entraîner par le questionnement ou la louange que les textes proposent. Mais plus encore, les psaumes me confrontent à des questions-clé, à des problèmes-limite où se jouent l'absolu de Dieu et la condition humaine. La prière m'appelle à sortir de ma paresse, à mesurer la densité du créé, à entrer dans le pari de la miséricorde de Dieu. J'y entends un appel à faire baisser le niveau général de violence à travers mes activités, quelles qu'elles soient. Cette liturgie est aussi une invitation permanente à l'étude de la Parole, à l'approfondissement de la foi, à la réflexion humaine. Par ce détour, elle m'ancre profondément dans ma vie de laïc. Jacques Maritain (encore lui !) disait que le peuple élu barrait l'horizon de l'humanité pour en élever le niveau. La liturgie des heures, qui doit tant aux psaumes, barre l'horizon de mon quotidien pour en élever le niveau. Merci d'avoir pris le temps de faire ce détour avec moi, avec nous ! Olivier Article extrait de la revue "la Maison-Dieu", n°248
Pour ma part, j'insisterai sur deux aspects : la liturgie des heures, la prière conjugale, et la vie professionnelle Laïcs, mariés et membres de l'équipe d'animation d'une école diocésaine de l'Evangile, (tout en menant une activité professionnelle), c'est dans ce cadre que nous avons découvert la liturgie des heures. Pour ma part de témoignage, j'insisterai sur deux aspects : la liturgie des heures et la prière conjugale, la liturgie des heures et la vie professionnelle.
Liturgie des heures et prière conjugale
Dans notre expérience, ce lien fut radical, car c'est cette forme de prière, et elle seule, qui nous a permis de prier ensemble. Jusque là, prier « à deux » autrement qu'en silence relevait du parcours du combattant. Très différents l'un de l'autre, nous ne sommes pas attirés par les mêmes familles spirituelles, nous n'aimons ni les mêmes hymnes ni les mêmes textes, et en plus nous chantons faux... La préparation d'une prière commune portant en elle-même des risques non négligeables de conflit, nous nous abstenions avec sagesse. La liturgie des heures a permis la prière conjugale car elle en a simplifié, unifié les conditions de mise en oeuvre. C'est peut-être une forme de paresse, mais nous avons expérimenté comment le fait d'accueillir une prière toute faite, et la prière de l'Eglise, a rendu possible et facile une communion par delà les différences. Cette prière sobre, avec une piété mariale évangélique, a été pour nous chemin d'unité.
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